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Le " Fundus Juventianus
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La commune de Jovençan se trouve sur la rive droite
de la Doire Baltée et s'étend sur une partie
de la plaine alluviale du fleuve. Elle se compose de nombreux
villages : Etral et Chandiou - juste à l'entrée
de la commune en venant de Gressan -, puis Jobel, Pingaz,
Les Adam - où se dresse l'église paroissiale
-, et dans la partie haute de la commune Pessolin et Turille.
Il y a ensuite Le Clou et Grumel (le centre historique et
les premiers hameaux), puis Rotin, sur la route régionale,
et enfin Pompiod, qui confine avec la commune d'Aymavilles.
Selon la tradition, c'est sur le territoire de Jovençan,
là où l'on peut aujourd'hui voir le site archéologique
de Saint-Georges, légèrement en aval du village
de Pompiod, que se trouvait autrefois la légendaire
Cordelia, capitale du peuple salasse. Le toponyme de Jovençan
serait quant à lui l'héritage de la colonisation
romaine puisqu'il dériverait du nom de Juventius, propriétaire
du fundus Juventianus. Au centre de ce fundus était
érigée une villa, vraisemblablement située
sur l'emplacement de l'actuel village des Adam.
Le Moyen Âge nous a laissé la trace de deux familles
nobles locales, les Pompiod et les Jovençan. Si l'on
ne sait pas grand chose des premiers, l'historien De Tillier
nous relate des faits précis relatifs aux seconds,
et ce, dès le XIVe siècle, même si leur
origine est certainement plus ancienne. Les Jovençan
firent les frais de la politique entreprise dès 1191
par la Maison de Savoie, qui, sous le prétexte d'administrer
la justice, spolia bon nombre de seigneurs de leurs fiefs
pour se les approprier. C'est ainsi que les Jovençan
perdirent tous leurs droits sur le territoire de Charvensod.
Amédée VI en vint même à raser
leur château, avant de céder leurs terres, ainsi
que la seigneurie d'Aymavilles, au seigneur de Fénis,
Aymon de Challant. En 1550, ce grand fief érigé
en baronnie comprenait Chevrot, Gressan, La Madeleine (de
Gressan), Jovençan, Saint-Léger et Saint-Martin
d'Aymavilles. Et jusqu'en 1789, quinze comtes et barons de
Challant se succédèrent à la tête
de cette juridiction. Puis, le 28 janvier de cette année-là,
les communes de Gressan, Jovençan et Aymavilles signèrent
l'accord qui les dégageait de toute obligation envers
les Challant, en échange du versement sur vingt ans
d'une somme de 71 500 lires.
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| La paroisse et le
patrimoine artistique
L'existence de la paroisse de Jovençan est documentée
depuis 1174, année où le métropolite
de Tarentaise, Pierre, indique dans le texte d'un jugement,
qu'elle dépend du Chapitre de la Cathédrale
d'Aoste. Selon cet acte, qui sera approuvé en 1176
par la bulle du pape Alexandre III, c'est l'évêque
Arnulf (1149-1159) qui serait à l'origine de cet état
de choses. Au cours du XIIIe siècle, le Chapitre de
la Cathédrale renonça à ses droits en
faveur du Prieuré bénédictin de Saint-Jean
de Genève : la liste des paroisses annexée aux
constitutions synodales du bienheureux Émeric de Quart,
datant de 1307 environ, mentionne le fait que l'église
de Jovençan relevait de ce monastère. Dans le
compte rendu de sa visite pastorale de 1459, d'ailleurs, l'archidiacre
Baudoin Excoffier affirmait que pour ce qui était de
la paroisse de Jovençan, les nominations revenaient
aux bénédictins de Saint-Jean. Toutefois, l'on
ne retrouve plus trace d'aucune intervention de leur part
après 1450 et la paroisse fut donnée en collation
à l'évêque d'Aoste.
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L'église paroissiale Saint
Ours se présente aujourd'hui sous l'aspect
que lui ont conféré les travaux de réfection
effectués en 1889. Il ne reste du précédent
édifice que la trace d'une porte aveuglée, au
linteau monolithique ouvragé, sur le mur adjacent au
clocher. Ce dernier est une tour en pierre apparente, qui
date du XVe siècle (nous savons que la première
pierre fut posée le 25 avril 1465) et dont la partie
supérieure fut crépie au XIXe siècle.
L'église, dont le plan est en forme de croix latine,
est dotée d'un presbyterium légèrement
surélevé. Elle renferme une chaire en noyer
du XIXe siècle, ornée de quatre panneaux sculptés
représentant chacun des évangélistes,
mais peu d'objets sacrés anciens : une croix de procession
du XVe siècle en feuille de métal embouti ornée
d'un motif de feuillage, un coffret reliquaire en bois peint
et une chasuble en brocart du XVIIIe siècle.
En ce qui concerne la chapelle Saint-Georges,
si nul ne sait quand elle fut fondée, l'on dispose
en revanche de documents attestant sa reconstruction en 1661.
Elle est éclairée par de petites fenêtres
aux arcs en plein cintre et sa nef est couverte de voûtes
bohémiennes.
La chapelle Sainte-Barbe de Pompiod date,
quant à elle, de la fin du XIXe siècle et a
été restaurée en 1984. Elle est ornée
d'un tabernacle du XVIIe siècle provenant de l'église
paroissiale.
Sur une éminence qui domine la Doire baltée,
se dressent les ruines du château de Jovençan.
Seuls quelques murs ça et là et les fondations
du donjon cylindrique - remontant probablement au XIIIe siècle
-sont encore identifiables et dénotent l'ampleur originale
de l'ensemble.
Enfin, au bord de la route régionale qui mène
à Aymavilles, l'on peut encore voir la maison
forte de Pompiod, avec sa structure rectangulaire
et ses trois étages, où apparaissent de nombreuses
meurtrières verticales datant vraisemblablement du
XIVe ou du XVe siècle.
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Les activités principales
La culture des arbres fruitiers et de la vigne est extrêmement
importante pour toute la commune. La Société
coopérative des fruits de Jovençan s'occupe
de sa valorisation depuis sa constitution, en 1967, pour réunir
les arboriculteurs et les aider à améliorer
leur production. Les vignobles sont implantés entre
550 et 850 mètres d'altitude et se composent essentiellement
de " petit rouge ", un cépage typique de
la Vallée d'Aoste, de " gamay " et de "
pinot noir ".
Autre activité florissante, l'élevage bovin
et ovin, qui produit lait, beurre et fromages, mais qui permet
aussi aux gens de l'endroit de conserver bien vivante une
tradition locale, celle de la " bataille des reines ".
Les sports populaires sont très suivis et surtout la
" rebatta ", qui donne lieu depuis 1957 à
un championnat régional.
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